Homepage
 
Information
 
Opinion
 
Réaction
 
Rechercher
 
Recherche personnalisée

 

 

 

 

Sophismes Les animaux ont
des droits
Respect, liberté et
compassion
Prendre un animal domestique?

 

Français-English-Nederlands-Español-Português-Deutsch-Russian-Polski-Chinese

Quel concept des droits des animaux est le meilleur ? Est-ce le respect, la liberté, leur valeur intrinsèque, l’amour, la compassion ou autre chose ? Quelle devrait être la base des droits des animaux ?

Il est naturel pour les animaux de s’affirmer dans le monde animal mais, en soi, cela n’a rien à voir avec le fait d’avoir des droits. A un certain moment de l’histoire, l’homme a conçu la notion de « droit » et il n’y a que lui qui emploie un tel concept.
Pourquoi parlons-nous alors de droits des animaux ? La réponse est plutôt simple : les droits des animaux existent pour fixer des limites au comportement humain. Si nous ne parvenons pas à définir des limites légales et claires au comportement des humains dans leur relation aux animaux, il ne sera pas possible d’entamer des procédures légales contre ceux qui les dépassent. Les animaux sont vulnérables, sans défense, et complètement à la merci de l’homme. Les personnes qui méprisent le bien-être animal devraient être poursuivis en justice et être jugés responsables pour violation des droits des animaux.

 

Sujets

Quelles sont les motivations pertinentes pour le droit des animaux ?
Quelle base permet de donner des droits aux animaux ?
Certains concepts ne conviennent pas en tant que base légale des droits des animaux
Les droits des animaux ont une base identique mais des implications différentes
Autres concepts et sommaire
Est-il possible de concevoir un principe fondamental de justice satisfaisant qui puisse être adéquatement employé ?
Si des personnes tentent de violer les droits fondamentaux des animaux, la liberté peut-elle encore être utilisée comme droit fondamental
Peut-on faire respecter les droits des animaux par le recours au juge ?
   
  Voir également :
Qu’est-ce qu’on entend par le droit des animaux à la liberté ?
La possession d’un animal ne va-t-elle pas à l’encontre du droit à la liberté ?
Se battre pour les droits des animaux devrait-il être rémunéré ?
Les mauvaises actions envers les animaux devraient-elles toutes être interdites ?
     
Les hommes et les animaux ont des relations différentes :
  • Les amoureux des animaux en font des animaux domestiques
  • Ceux qui aiment leur goût les mangent
  • Certains aiment les animaux pour se satisfaire sexuellement
  • Certains pensent que leur religion exige le sacrifice d’animaux
  • Ceux qui les apprécient les laissent tranquilles
  Notre relation avec les animaux et les droits que nous leur accordons concernent l’éthique. Albert Schweitzer a déclaré que l’éthique trouvait ses racines dans la compassion. Un droit sans compassion ne peut se justifier. Comment sera traité l’interconnexion de ces problèmes dans cet article ?

Le concept de droit des animaux peut être interprété de façons très différentes. D’une part, certains exerceront le droit de tuer des animaux pour leur consommation ou pour le sport. D’autre part, certains se priveront du droit de tuer le plus petit animal qui soit par erreur.

   
Quelle base permet de donner des droits aux animaux ?

Thèmes :

  • Existe-t-il un principe fondamental satisfaisant ?
  • La liberté peut-elle être maintenue si un droit fondamental est enfreint ?
  • Etre le propriétaire d’un animal n’est-il pas en contradiction avec le droit à la liberté ?
  • Militer pour les droits des animaux devrait-il être rémunéré ?
  • Les mauvaises actions envers les animaux devraient-elles toutes être interdites ?

Les animaux ne peuvent s’exprimer qu’indirectement en cas d’abus. Par conséquent, il nous revient de répondre à cette question. Les concepts susceptibles de former la base des droits des animaux sont : leur valeur intrinsèque, leur bien-être, le respect, la liberté, l’égalité, la compassion. Bon nombre de ces concepts semblent appropriés mais peut d’entre eux conviennent à la réalité.

  Nous allons maintenant tester l’exploitabilité de chacun de ces concepts selon un certain nombre de principes.
  1. La formulation des droits des animaux devrait être un concept exploitable et pratique pouvant être légalement revu,
  2. Les droits des animaux doivent profiter à tous les individus, y compris toutes les espèces sauvages et d’élevage, à savoir : les animaux domestiques, mammifères mais aussi insectes,
  3. Considérant la diversité de ces espèces, nous devrions prendre en compte leur nature particulière,
  4. Les droits des animaux s’appliquent aux personnes et elles devraient y faire appel,
  5. La mort tient une position distincte dans les droits des animaux : le massacre, la chasse par des experts pour la gestion de la faune et la pêche professionnelle. Les règles devraient être renforcées pour assurer une mort rapide et sans douleur, qui doit servir un but (contrairement à la prise excédentaire de poisson dans la pêche) Cela s’applique aussi aux meurtre de vertébrés néfastes qui ne pourraient être stoppés.
  6. Le droit de l’espèce surpasse le droit de l’individu (si par exemple une plante ou un animal se trouve en voie de disparition, on ne devrait pas avoir le droit de les déranger). Une certaine espèce (par exemple une truie ou un saumon) a le droit de ne pas être produit ou élevé en surnombre pour l’exportation. Cette production de masse est indigne d’un animal et est destinée à satisfaire plus que nos besoins essentiels.
 
Certains concepts ne peuvent servir de base aux droits des animaux

Sur la base du premier principe mentionné, nous devrions exclure les concepts de valeur intrinsèque et de respect. Bien que ces concepts soient largement utilisés, il est impossible de formuler des droits des animaux qui ne soient pas équivoques. Il est parfaitement acceptable de faire mention de la valeur intrinsèque et du respect lorsqu’on parle du comportement envers les animaux, mais on ne peut utiliser ces concepts pour juger le comportement humain d’un point de vue juridique. « Madame, nous souhaitons vous voir comparaître en justice pour avoir manqué de respect à votre chien ». Bien sûr il est toujours possible de se distinguer d’un comportement prohibitif et de le qualifier de comportement irrespectueux. On peut donner en exemple les lions ou les ours de cirques qui sont obligés d’effectuer des tours indignes d’un animal, on peut dire que traiter les animaux de cette façon est irrespectueux.

De même que l’on ne peut forcer le comportement civilisé et le bon goût, il est possible d’en discuter. Le concept de valeur intrinsèque ne peut pas non plus servir de base légale aux droits des animaux. Il ne pourrait s’appliquer qu’à de rares espèces de le sens suivant : « ce spécimen doit être protégé en raison de sa valeur intrinsèque puisqu’on ne le voit nulle part ailleurs sur Terre ». La valeur commerciale des porcs incitera plus l’éleveur a en prendre soin que leur valeur intrinsèque. Les concepts mentionnés ci-dessus sont en effet trop vagues pour être légalement définis en tant que base des droits des animaux.

  Les droits des animaux ont les mêmes bases pour tous mais des implications différentes

Si nous considérons le second principe de base, l’implication pourrait être la suivante : on doit s’occuper de chaque espèce séparément. Les animaux comprennent les vers de terre comme les éléphants, les poissons ou les insectes. Nous devons parvenir à une formulation générale des droits des animaux, incluant certains pré requis s’appliquant à toutes les catégories d’animaux. Parmi eux :

  • La mise à disposition de nourriture convenable pour un animal : de la viande (pour les prédateurs) ou des légumes
  • La présence étant un risque de santé pour les humains ou une menace à la sécurité publique
  • La taille et la nature de l’habitat naturel

On devrait tout d’abord accorder aux animaux le droit légal d’exprimer leur comportement naturel (selon les dispositions de leur nature), même s’ils sont dangereux et les mouvements doivent être restreints. Les animaux terrestres ne demandent pas à être entourés d’eau. Les baleines ont besoin de plus qu’une piscine comme habitat. Il serait mal de laisser séjourner des loups là où vivent des humains et leur bétail. On devrait s’occuper correctement des animaux d’élevage et il ne faudrait pas nourrir les animaux sauvages. Toutes les mesures prises pour contrecarrer la « pollution et la dégénération écologique », « remplacer les habitats » ou la « protection » devraient être considérées comme inutiles, comme par exemple tuer les prédateurs ou introduire des maladies.

   
Autres concepts et résumé

Lorsque des problèmes tels que le bien-être animal, leur intelligence, leurs sentiments et leurs instincts sont en jeu, nous en concluons qu’il est virtuellement impossible de formuler des directives pour juger. Des questions se posent : « les poissons ont-ils des sentiments ? » « un porc ou un animal domestique peut-il s’ennuyer ? ». Il serait impossible de répondre de façon claire à ces questions et pour cette raison, ils ne peuvent être inclus dans les concepts fondamentaux des droits des animaux. D’autre part, il serait acceptable d’inclure ces concepts en travaillant sur les droits des animaux dans la pratique actuelle ou lorsqu’on essaye d’empêcher la violation des intérêts des animaux.

 

Les concepts et leur relation avec le bien-être Les mauvais traitements aux animaux sont punissables par la loi, par exemple par la loi hollandaise sur le bien-être mais elle ne comprend pas une sanction pour les mauvais traitements passifs, par exemple une extrême restriction de la liberté de mouvement de l’animal. Mépriser le bien-être d’un animal fait partie des soucis concernant les droits des animaux mais ces derniers ont également des droits fondamentaux en cas de relation obscure entre le comportement humain et leur bien-être. Notre point de vue à ce sujet diffère de celui de Jeremy Bentham qui pensait que la question clé était : « un animal peut-il souffrir ? ». Si c’est le cas, les animaux doivent être considérés comme égaux aux humains mais cela ne leur donne pas de droits.
     

Les concepts et leur relation avec le bien-être et les droits des animaux (résumé)

  Sans relation avec le bien-être En relation avec le bien-être
Sans relation avec les droits des animaux Valeur intrinsèque, comestibilité, amour des animaux, beauté, intelligence, instinct, mémoire, conservation de la nature Emotions des animaux capables de ressentir la douleur, l’ennui
En relation avec les droits des animaux Respect, égalité, intérêts

Liberté, comportement naturel

     

Les concepts dont nous avons parlé plus haut sont résumés ci-dessous. Les carrés décrivent la façon dont les différents problèmes devraient être vus l’un par rapport à l’autre. Le point de départ du tableau est que les animaux ont des droits et que le but de leur en attribuer devrait garantir les conditions de leur bien-être. Voici une façon de lire le tableau : les émotions sont concernées par le bien-être mais pas les droits.

  On peut noter que les concepts qui ne sont pas liés au bien-être devraient être précisément les aspects où les animaux diffèrent des humains et que les problèmes liés au bien-être sont communs aux hommes et aux animaux. En principe, il n’existe pas de différence entre homme et animal lorsqu’il s’agit d’aspects importants du bien-être et l’on devrait exprimer ce fait en reconnaissant le droit à la liberté à la fois pour les hommes et les animaux.

Voir aussi le baromètre éthique

   
Est-il possible de concevoir un principe fondamental judiciaire satisfaisant et pouvant être adéquatement employé ?

Parmi les options qui pourraient fonctionner, on trouve l’application d’un même principe pour les droits des hommes et ceux des animaux, c’est le droit à la liberté.
La liberté est un concept paradoxal : définir la liberté c’est la nier. Il faut formuler des limites claires du début à la fin, sinon le concept ne peut être exécuté. La meilleure façon d’employer le concept de liberté est de décrire toutes les situations qui frustrent la capacité d’un animal à être libre.
Le fait de fixer des limites s’applique à la fois aux humains et aux animaux. C’est par conséquent un concept puissant. Il faut non seulement prendre en considération le minimum standard de la liberté d’un animal mais aussi les limites physiques (par exemple les clôtures).

 

Les limites qui peuvent être fixées avec respect sans enfreindre leur droit fondamental à la liberté sont :

  • La stérilisation et la castration des animaux domestiques, le logement séparé des mâles et des femelles (dans l’agriculture) dans un but de contrôle des naissances
  • Clôturer les prairies et démarquer les autoroutes
  • L’euthanasie et l’avortement en cas de grande souffrance, lorsqu’elle est similaire à celle d’humains ne pouvant s’exprimer

Les études sur les animaux devraient se focaliser sur la définition de limites spécifiques à chaque espèce. Lorsque nous considérons les animaux, nous devrions commencer par le principe de liberté, ce qui nous permettrait de les traiter avec plus de respect.

     
L’un des importants avantages de la liberté est qu’elle entraîne une limite à l’obligation de se sentir concerné par les droits des animaux. En sauvegardant ces droits, l’animal peut interpréter la liberté à sa façon et être libre d’exprimer un comportement en accord avec sa nature. La façon dont un animal exerce sa liberté en termes de comportement n’a rien à voir avec le principe fondamental des droits des animaux.
Concernant les animaux sauvages, il leur suffit de pouvoir maintenir un équilibre naturel sans être dérangés par les hommes. Pour les animaux domestiques ou issus de l’agriculture, il est important de s’assurer qu’ils peuvent exprimer leur comportement naturel jusqu’à un certain point.
De plus, la liberté suppose le droit à l’intégrité physique : plus aucun dommage corporel à la suite d’interventions comme le débéquetage, la castration des porcelets, les manipulations génétiques (principe de sélection) ou les pratiques d’élevage extrêmement malsaines ( veau doublements musclés nés par césarienne).
  L’un des atouts du concept de liberté est qu’il peut aussi être utilisé par les gens qui en principe ne sont pas d’accord avec ses conséquences ultimes. Par exemple, quelqu’un peut penser qu’avoir des animaux domestiques les prive de liberté. Il pourrait toujours discuter de la question avec un amoureux des animaux (domestiques) afin de définir les bonnes conditions pour avoir un animal. Parvenir à un compromis renforce la possibilité d’exécution du concept.

Autre atout important : La possibilité de contrôler immédiatement le concept. Si nous définissons les circonstances dans lesquelles la liberté d’un animal est obstruée, il faudra peu de temps pour savoir si la liberté de cet animal est entravée. Par opposition, le statut de tous les autres concepts ne peut s’établir qu’après une période prolongée d’observation.

   
Si des personnes tentent de violer les droits fondamentaux des animaux, la liberté peut-elle encore être utilisée comme droit fondamental ?

Il existe 2 niveaux d’interprétation :

  1. La violation légale temporaire
  2. La violation légalement inadmissible

Avoir des animaux domestiques et d’une certaine façon utiliser et massacrer des animaux d’élevage semble incompatible avec les droits des animaux tels que formulés ci-dessus. Les animaux de boucherie devraient aussi avoir le droit de se comporter naturellement au cours de leur vie limitée. Ces animaux y compris le poisson ont le droit de connaître une mort aussi rapide et peu douloureuse que possible. Si quelqu’un tente de restreindre la liberté d’un animal, il devrait être obligatoire pour cette personne de garantir un certain degré de comportement naturel envers l’animal. Une telle interprétation valorise une large acceptation sociale puisqu’elle transmet un message clair au public. La poursuite du droit à la liberté jusqu’à sa conséquence ultime est à considérer dans le futur.

     
     
Comment vivre avec les animaux ? de Peter Singer   L'Egalité animale expliquée aux humain-es de Peter Singer
     
Le droit des animaux de compagnie de Valérie Svec   La liberation animale de Peter Singer
     
Une partie de ce site Web est éditée et disponible à printing on demand. Titre du livre : "La liberté est un droit fondamental pour les animaux". Intéressé ? Voir Lulu.com.